

INDE ce jour, le facteur est passé, provenance MAMALLAPURAM, PANAJI et VAILANKANNI, cousu de fil blanc et sceaux de cire, la matière la plus pauvre de la planète se fait précieuse.
Ne choisissant ni les personnes ni les lieux, encore moins les sables, cette carte blanche étant entièrement ouverte et libre de choix à la personne qui prélève, tous les paradigmes sont permis. Ce qui est important à comprendre là est que, si cet envoi peut sembler très banal pour un européen, pour un indien, envoyer par exemple ces trois prélèvements à l’autre bout du monde peut représenter pour lui dans son économie une année de salaire.
Que ce sable lointain, banal à première vue, puisse se retrouver ensuite aux côtés d’un autre arrivé du pied du Macchu Pichu et/ou de l’île du Soleil au milieu du lac Titicaca, et/ou des confins d’une île totalement paumée en plein milieu du Pacifique et/où de l’Antarctique et/ou des lignes de Nazca, amène ensuite ce sable banal, lointain, à une autre dimension.
Parfois il peut arriver que des êtres soient blasés de tout. D’autres fois, il arrivent que des êtres perçoivent la beauté non pas à proprement parler comme étant contenue dans le support mais dans l’acte de faire en sorte que des choses arrivent….
Là, ce qui devient intéressant, n’est pas tant ce sable en lui-même pris dans son unité mais le fait qu’ils puissent se réunir de la sorte pour le plus grand plaisir des enfants qui pour beaucoup ne connaissent ni même la géographie et bien encore moins le vaste monde si petit et si fragile qu’ils habitent qu’il faut bien rassembler des supports pour aborder le tout d’une manière ou d’une autre…
Ici, par exemple, ce qui peut surprendre est de constater que face à une matière que l’on ne saurait ni acheter ni vendre celle-ci ait été envoyée avec des scellées de cire que l’on réserve généralement pour des choses précieuses. Cette sacralisation du matériau devient intéressante et surprenante. Et vous… Quel sable sauriez-vous envoyer de la sorte pour les prochaines générations ? Celui qui borde la rivière à côté de chez vous ? Pour vous ce sable de cette rivière peut sembler très banal mais qu’en est-il dans l’imaginaire d’un petit japonais ou australien ? Les plus beaux voyages que l’on fait sont souvent intérieurs et la vraie richesse n’est pas toujours celle que l’on imagine.

Bien à vous, au plaisir de vous lire
et de vous rencontrer.

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