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166ème sable collecté
sur 7000.
Sable collecté près de Nasca
au coeur de la Nécropole de Chauchilla
datant de l'époque de la civilisation Nasca (350 avant J.C jusqu'à
650 après J.C),
Pérou,
Amérique du Sud,
par Loïc Raphael et Lisa Settini,
pour le projet « Le Solitaire...
des marées ».
.../...
"Hélas ! mes frères, ce
qui doit finir peut-il vous paraître long, regardez derrière-vous ;
où sont vos premières années ? que laissent-elles de réel dans votre
souvenir ? pas plus qu'un songe de la nuit ; vous rêvez que vous
avez vécu, voilà tout ce qui vous en reste ; tout cet intervalle,
qui s'est écoulé depuis votre naissance jusqu'à aujourd'hui, ce
n'est qu'un trait rapide qu'à peine vous avez vu passer. Quand vous
auriez commencé à vivre avec le monde, le passé ne vous paraîtrait
pas plus long ni plus réel ; tous les siècles qui ont coulé jusqu'à
nous, vous les regardiez comme des instants fugitifs ; tous les
peuples qui ont paru et disparu dans l'univers, toutes les
révolutions d'empires et de royaumes, tous ces grands évènements qui
embellissent nos histoires ne seraient pour vous que les différentes
scènes d'un spectacle que vous auriez vu finir un jour. Rappelez
seulement les victoires, les prises de places, les traits glorieux,
les magnificences, les évènements pompeux des premières années de
règne ; vous y touchez encore ; vous en avez été la plupart,
non-seulement spectateurs, mais vous en avez partagé les périls et
la gloire : ils passeront dans nos annales jusqu'à nos derniers
neveux ; mais pour vous ce n'est déjà plus qu'un songe, qu'un éclair
qui a disparu, et que chaque jour efface même de votre souvenir.
Qu'est-ce donc que le peu de chemin qui vous reste à faire ?
croyons-nous que les jours à venir aient plus de réalité que les
passés ? Les années paraissent longues quand elles sont encore loin
de nous ; arrivées, elles disparaissent ; elles nous échappent en un
instant : et nous n'aurons pas tournés la tête que nous nous
trouverons, comme par un enchantement, au terme fatal qui nous
paraît encore si loin, et ne devoir jamais arriver. Regardez le
monde tel que vous l'avez vu dans vos premières années, et tel que
vous le voyez aujourd'hui : une nouvelle cour a succédé à celle que
vos premiers ans ont vu ; de nouveaux personnages sont montés sur la
scène ; les grands rôles sont remplis par de nouveaux acteurs ; ce
sont de nouveaux évènements, de nouvelles intrigues, de nouvelles
passions, de nouveaux héros dans la vertu, comme dans le vice, qui
font le sujet des louanges, des dérisions, des censures publiques ;
un nouveau monde s'est levé insensiblement, et sans que vous vous en
soyez aperçus, sur les débris du premier : tous passe avec vous et
comme vous ; une rapidité que rien n'arrête entraîne tout dans les
abîmes de l'éternité ; nos ancêtres nous en frayèrent hier le
chemin, et nous allons le frayer demain à ceux qui viendront après
nous. Les âges se renouvellent ; la figure du monde passe sans cesse
; les morts et les vivants se remplacent et se succèdent
continuellement ; rien ne demeure ; tout change, tout s'use, tout
s'éteint ; Dieu seul demeure toujours le même ; le torrents des
siècles, qui entraîne tous les hommes, coule devant ses yeux ; et il
voit avec indignation de faibles mortels, emportés par ce cours
rapide, l'insulter en passant, vouloir faire de ce seul instant tout
leur bonheur, et tomber, au sortir de là, entre les mains de sa
colère et de sa vengeance. Où sont maintenant parmi nous les sages ?
dit l'apôtre ; et un homme fût-il capable de gouverner l'univers,
peut-il mériter ce nom, dès qu'il peut oublier ce qu'il est et ce
qu'il doit être ?"
.../...
Relecture de l'Histoire
Abrégée de la Littérature Française par M. Émile Chasles, Tome
Second. |
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