EMBARQUEMENT pour Molène

13 octobre 2008

CE N’EST PAS L’HOMME QUI PREND LA MER, C’EST LA MER QUI PREND L’HOMME !

Embarquement ce jour pour l’archipel de Molène… Au retour et après 6 mois de Marche Maritime à être allé marcher tous les jours, sans interruption, le long du littoral français et espagnol, voici de nouveau que pointe à l’horizon le premier Finistère et cette côte bretonne longée au cours du printemps lors de la première partie de la marche, la partie française.

J’embarque à Brest pour l’île Molène pour une durée de 48h00 pour aller y poser la base logistique de la résidence d’écriture des 6 prochains mois… Retour en Normandie en fin de semaine pour un rendez-vous au Mont-Saint-Michel, puis embarquement fin octobre pour l’île Molène pour une durée de 6 mois en Résidence d’écriture.

Nouveau sable collecté arrivé de Croatie.

Bien à vous, au plaisir de vous lire.

JFA
www.aillet.com

Les MOLESKINES de la Marche

12 octobre 2008

Ils sont au nombre de 5

Voir : Qu’est-ce qu’un MOLESKINE ?

Un MOLESKINE est un carnet de voyage très célèbre, réputé pour sa résistance et pour sa qualité. En partant faire cette longue Marche Maritime de 3200 km, sur une durée de 5 mois 1/2, j’avais à gérer quotidiennement deux impératifs :

  1. Faire tamponner tous les jours ma Credencial dans les mairies, écoles, auberges, etc. C’est absolument obligatoire et indispensable pour la partie espagnole et totalement indispensable pour obtenir la Compostela qui n’est délivrée à Santiago de Compostela qu’après vérification de tous les tampons. Même chose pour la Fisterra délivrée à Cabo Fisterra et pour le dernier document officiel de la Costa Da Morte délivré à Muxia au final de la marche, attestant de la Fin da Ruta Xacobea. Parti du Mont-Saint-Michel par la côte, j’ai apposé ma Credencial sur le premier carnet Moleskine qui, en accompagnement des coups de tampons, s’est vite rempli d’encouragements et de petits mots laissés et annotés en chemin par les maires des innombrables communes traversées, etc., étant parti par le chemin le plus long que l’on puisse faire pour aller jusqu’à Santiago de Compostela depuis ce point de départ.
  2. Je devais par ailleurs m’assurer d’avoir avec moi des carnets à la qualité de papier irréprochable, capables de résister sur la durée aux intempéries et à l’humidité afin que l’encrage de coups de tampons ne se détériore sur la durée et ne finisse par traverser les pages, s’agissant de coups de tampons officiels autant que d’annotations et dédicaces inédites et originales.

Etant, en chemin, passé voir toutes les mairies, toutes les écoles des îles du Ponant, les capitaineries, les SNSM, etc., ma Crédencial s’est vite trouvée remplie avant que je ne dépasse la pointe du premier Finistère. Le relais du tamponnage de celle-ci s’est donc poursuivi au fur et à mesure du remplissage des pages du premier carnet de route Moleskine et ensuite sur les suivants.

Si certains coups de tampons attestent d’un passage, d’autres beaucoup plus officiels et beaucoup plus rares sont venus remplir magiquement cette Credencial, tels ceux aux noms évocateurs des îles du Ponant, de l’île de Batz, de l’île de Molène, de l’île d’Ouessant, de l’île de Sein et de tant d’autres structures et endroits, ou bien encore celui du monastère des bénédictines de Santiago, etc. Sur 3200 km parcourus et des centaines de mairies et structures rencontrées, il n’y a que 4 structures qui ont refusé de tamponner et de signer au premier abord ces carnets. Il aura fallu que j’insiste et que je me fâche à quatre reprises devant 4 personnes pour obtenir 4 tampons sur des centaines et des centaines.

Un coup de tampon que j’affectionne plus particulièrement est celui qui m’a été tamponné par Henri Richard au Cap Frehel. Henri Richard est le dernier gardien de phare habitant des côtes d’Armor, l’un des 20 derniers gardiens de phares en France. Autant dire une rareté sinon un Patrimoine quand l’on sait quels furent les phares mythiques sur lesquels cet homme a exercé toute sa carrière de gardien de phare. Aussi avais-je soin de les préserver ces carnets de route, tout au long de cette longue marche, en y prenant soin comme à la prunelle de mes yeux, après tous ces instants passés avec de tels personnages dans de tels monuments.

Au fur et à mesure de toutes ces rencontres, toutes aussi magiques les unes que les autres, faites au cours de cette marche, ce sont ainsi plus de 1000 personnes qui, entre le Mont-Saint-Michel et Muxia, sont venues me raconter une partie de leur histoire, un détail de leur vie, un évènement, une situation, un contexte, etc. Le premier carnet de route rempli, le deuxième s’est étoffé de 1000 et une annotations…

En parallèle et en imbrication de toutes les histoires collectées, ce sont autant de détails sur l’architecture des monuments que j’ai visité, sur les lieux géographiques que j’ai traversé, géologiques, historiques, etc., que je suis allé collecter en chemin en même temps que d’inviter des personnes à collecter des sables.

Des trajectoires relevées…

Des traditions…

Des situations maritimes particulières…

Autant de détails que seule la mémoire ne peut retenir.

Ainsi se sont remplis mes carnets de routes Moleskine au fur et à mesure et tout au long de cette marche.

Parallèlement à ces carnets de route et en accompagnement de ceux-çi, ce sont 25 cd-rom d’images, 10.000 photos, prisent en chemin durant 5 mois 1/2.

Ces carnets de route Moleskine n’ont pas pour objectif d’être publiés. Ils ne sont que ma Credencial qui m’a permis d’obtenir au bout de ces 3200 km de marche les 3 documents très officiels mais aussi très difficiles à obtenir que sont : la Compostela, la Fisterra et la Fin Da Ruta Xacobea de la Costa Da Morte qui s’obtient à Muxia.

Maintenant, ces 5 carnets de routes Moleskine vont me servir de fil d’Ariane. Ils vont me permettre d’aller mettre tout cela en écriture pour parler de cette façade maritime et de ce chemin emprunté, classé Patrimoine mondiale de l’humanité, qu’est ce fameux CAMINO DEL NORTE, hier pratiqué par Saint-François d’Assise en 1214 et ensuite par tant d’autres. Tous ne sont pas partis d’aussi loin pour aller jusqu’au Sanctuaire de la Vierge de la Barca. Aussi vais-je m’efforcer d’aller mettre tout cela en écriture de façon reposée et objective afin d’apporter une vision contemporaine de ce fameux chemin jacquaire en regard du matériau que je fais collecter pour “Le Solitaire… des marées”.

J’embarque lundi soir pour l’île de Molène pour aller y vivre une autre aventure qui va m’amener de nouveau à aller au-delà de mes limites. Cette fois-ci en écriture. Je vais passer mes 6 prochains mois sur cette île à ne faire qu’y écrire, y écrire et y écrire encore pour arriver au final à sortir un livre de 600 pages : 3200 km divisés par 180 jours, cela fait plus ou moins 3 à 4 pages d’écriture par jour par sections de 20 km pour résumer, mettre en scène et en relief 1000 personnages rencontrés et 10.000 photos prisent en chemin.

Ils sont au nombre de 5

Retour de Marche Maritime

10 octobre 2008

Après 3200 km de Marche Maritime, c’est le pied !!!

Chacun prend son pied comme il peut !

Après une telle marche, c’est sans commentaire !

Sang comme en terre…

…Une telle marche se mérite. Cela ne se fait pas tout seul. Cela se gère au moral, à la motivation, au mental, à la résistance et à la détermination. Quoi qu’il puisse arriver et quoi qu’il puisse se passer en chemin… C’est dans la tête que ça se passe !

L’intention de cette Marche Maritime était d’aller les chercher, d’aller en chercher quelques uns, d’aller chercher quelques sables pour faire venir maintenant les autres en invitant des personnes à aller les collecter dans le cadre d’un projet et pour un projet.

“Si demain la technologie se révélait capable de créer des images sur un principe plus proche du cinéma, c’est à dire des séquences d’images projetées, complètes, à un certain rythme, on pourrait disposer d’un outil de conception romanesque assez proche du monde du livre ordinaire. Ce sera un pas supplémentaire vers la dématérialisation du naturel dans le rêve. Mac Luhan dit quelque part que l’homme paléolithique, le spécialiste de la cueillette, se retrouve aujourd’hui dans le rôle de butineur d’informations et que, ce faisant, il est redevenu un NOMADE. C’est bien au nomadisme à travers les fichiers que nous sommes invités ces jours-ci. Il est clair qu’on ne récupère qu’une faible partie du disponible. Il faut donc se reposer sur la bienveillance des dieux qui président au hasard des rencontres et déposer, en conséquence, des offrandes dans les carrefours…” Paul Caro 04 nov. 84, Centre de création industrielle, Centre George Pompidou.

L’intention recherchée était d’aller au contact, au contact avec des mairies, des écoles, des villages, des villes portuaires, des environnements maritimes, etc., d’aller tout simplement à la rencontres des autres afin de communiquer et de laisser en chemin des graines d’information destinées à aller germer dans la tête des personnes rencontrées pour faire venir maintenant d’autres sables sur la durée.

Qu’est-ce que cela veut dire…

Aller chercher et faire venir des sables sur la durée ?

Les sables sont lointains ! Aller les chercher et les faire venir des quatre coins du monde demande un effort et une logistique. Cela ne se fait pas tout seul ! Je suis allé chercher celui-ci, par exemple, le 226ème sable collecté sur 7000, sur la plage d’Itzurun, le long d’une des plates-formes d’abrasion les plus étendues en Europe, au Pays Basque espagnol, le long de la Mer Cantabrique, pour le projet « Le Solitaire… des marées ».

Voir ici la galerie détaillée de cette 226ème collecte

Un instant géologique de la plage d’Itzurun, à Zumaia, jusqu’à Deba, où se dressent sur la mer de splendides formations rocheuses en strates verticales qui créent un paysage magique et majestueux. A marée basse, le pied des falaises s’étale en une large plate-forme érodée par l’incessante poussée de la mer. On peut observer aussi, dans la zone d’Algorri, comment l’érosion des vagues à mis à jour une couche d’iridium, attribuée à l’impact d’un grand météorite sur la terre voici 65 millions d’années qui serait à l’origine de la disparition des dinosaures. La plage d’Itzurun fait partie d’une des zones les plus spectaculaires de la côte de Guipuzcoa avec ses grandes falaises verticales, des parois calcaires qui atteignent une hauteur de 150 mètres. Il s’agit d’un phénomène géologique, nommé flysch, résultat d’une érosion millénaire.

Je suis allé chercher celui-ci pour faire venir les autres sables, selon l’intention de cette longue marche maritime projetée le long de la façade maritime, en empruntant pour cela le plus long chemin qui puisse se faire à pied depuis le Mont-Saint-Michel - où j’ai organisé en 2007 la 1ère Rencontre Internationale spéciale “Le Solitaire… des marées” - jusqu’au Sanctuaire de la Vierge de la Barca à Muxia. C’est un long chemin, un très long chemin. Il m’aura donc fallu 5 mois 1/2 de marche à pied pour y arriver en empruntant ce chemin hier pratiqué par les pèlerins venus de toute l’Europe, avant par les Celtes et encore avant par les bâtisseurs des menhirs, des dolmens et autres empierrements.

Voir les autres collectes et les nouvelles collectes :

Page 1 : http://www.aillet.com/collecte/base/sables/index.htm
Page 2 : http://www.aillet.com/collecte/base/sables/index_2.htm
Page 3 : http://www.aillet.com/collecte/base/sables/index_3.htm

Que suis-je allé faire là ?

Je rentre de cette marche avec 5 carnets de route Moleskine remplis. Je suis revenu avec 25 cd-rom de photos, 10000 photos prisent en chemin. J’ai rencontré plus de 1000 personnes, écouté plus de 1000 histoires. Je m’en vais donc maintenant mettre tout cela en écriture.

Quel est le contexte

…et quelle est la trame de fond ?

1

  1. Le lieu de la 1ère Rencontre Internationale
    spéciale “Le Solitaire… des marées”,
    le
    Mont-Saint-Michel,
    est un lieu classé Patrimoine mondial Unesco.
  2. Le chemin que j’ai emprunté pour faire cette marche,
    le “Camino del Norte”,
    est lui-même classé Patrimoine de l’humanité.
  3. Je m’en vais donc maintenant écrire le livre de cette marche
    dans un endroit également classé Patrimoine mondial Unesco :
    l’Archipel de Molène.

Un triptyque pour un biface :

1 semestre de marche pour 1 semestre d’écriture

Départ programmé sur l’île de Molène :

Fin octobre 2008 jusqu’au printemps 2009


La mémoire est fugace ! Aussi, la figer avant qu’elle ne disparaisse est, pour l’heure, ma seule et unique préoccupation et priorité absolue pour aller écrire un livre qui parlera de cette façade maritime au moment où elle va commencer à se retransformer… Approximativement 6 MOIS de marche le long de cette façade maritime, cela signifie 180 JOURS de marche à raison de 3 à 4 PAGES d’écriture pour résumer chaque journée, plus de 1000 personnages, etc., etc. Soit un 600 PAGES en perspective à résumer en 6 mois de temps. Une autre façon de refaire ce voyage. Mais était-ce un voyage ? Hier, ce nomadisme itinérant m’a fait aller marcher le long du littoral entre un point A et un point B. Demain, ce ré-ancrage en un point A, cette sédentarisation sur une île minuscule, magique et merveilleuse, où ce sera alors le monde qui tournera autour… Voila une autre façon d’aborder le Voyage autant extérieur qu’intérieur par les temps imbriqués de 2 Finistères voyagés, 2 Finistères parcourus au rythme de la lente heure. “Qui va à Molène connaît sa peine”, selon l’adage. Je connais ma peine.


Je tiens à adresser un immense MERCI à toutes celles et à tous ceux qui ont suivi ce périple à distance. Pour l’heure je n’ai pas envie de parler mais besoin d’aller m’isoler pendant 6 mois en Résidence d’écriture sur l’île de Molène pour permettre à tout cela de trouver son rythme et 6 mois au calme pour tout rédiger ne seront pas de trop tout en prenant ce même temps pour recontacter tout le monde, toutes les personnes rencontrées en chemin et bien d’autres afin de faire venir les autres sables pour organiser la prochaine Rencontre internationale pour “Le Solitaire… des marées”.

Bien à vous, au plaisir de vous lire.

JFA

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GALICIA-NORMANDIE

16 septembre 2008

Samedi 13 septembre 2008, JF a posé ses sacs à dos sur le sol de la gare de CAEN à 17H57. Il est en pleine forme. Il a rempli ses 5 carnets de route et tout au long de ses 3200km, il a découvert des gens formidables et des paysages merveilleux. Il gardera en sa mémoire le souvenir de cette marche maritime qui ira maintenant se redéployer en écriture.

J’adresse un bonjour à tous les enfants des écoles de l’île de Molène, de l’île de Sein, de l’île d’Yeu , de l’île d’Aix et de l’île d’Oléron. Vous pouvez lui envoyer des messages et lui poser plein de questions sur la marche qu’il vient de faire pour collecter des sables, ça lui fera un grand plaisir.

A bientôt, au plaisir de vous lire.

MIMI

MUXIA

8 septembre 2008

Arrivé à MUXIA le 04/09/08 de FISTERRA, j’ai posé mes sacs après 3200 km de marche !
A mon arrivée à MUXIA, à ma grande surprise, un mot laissé en route à mon attention m’y attendait !
Il m’y a été remis par Ellen, une allemande, proffesseur d’art, croisée à PONTE MACEIRA, avec laquelle j’ai fini cette marche. Un mot qui m’a été écrit par Jean Loup, parti de RENNES, croisé quelques jours plus tôt. C’est un immense bonheur que d’arriver dans une ville où l’on met les pieds pour la première fois de sa vie et d’y arriver seul en y étant attendu par une femme porteuse d’un message. Whouaaeee ! Là, j’ai été très touché que cette marche se finisse de la sorte.

A MUXIA, j’ai fait la fête !!!

De retour à SANTIGO en bus ce jour, avec Ellen après qu’elle m’ait collecté hier le sable de la COSTA DA MORTE à MUXIA, je reste à SANTIAGO jusqu’à demain pour revenir ensuite en bus jusqu’à IRUN et ensuite en train jusqu’à PARIS en faisant quelques haltes sur le retour.

Bien à vous, au plaisir de vous lire et de vous revoir.

JFA