J + 033 / BRETAGNE FINISTERE

Échange téléphonique du 3 mai 2008 avec Jean François – Point sur la période du 24 avril au 3 mai 2008

Après avoir rencontré Yvon BONNOT, Maire de PERROS GUIRREC, ancien Député et Président des élus du littoral, dans sa mairie, j’ai marché tout le long de la côte de granit rose, gigantesque, merveilleuse…là il y a de gros grains de sable!

Un instituteur, Jean Louis BOULARD, m’a proposé son hébergement pendant 48 heures et m’a fait découvrir la région. Il m’a offert gîte et couvert tout en m’expliquant un projet de centre de technologies alternatives sur lequel il est en train de travailler. Après quoi il m’a déposé à LANNION, jour de marché, le plus grand marché de la région…

Après LANNION, je suis allé à MORLAIX où j’avais rendez-vous avec Jean Yves COLLINET, journaliste au Magazine du TELEGRAMME. Interviewé pendant une heure au siège de MORLAIX, je me suis remis en marche vers ROSCOFF.

A ROSCOFF, j’ai pris le bateau pour rejoindre l’Ile de BATZ. Plaisir immense d’être le seul passager de cette traversée. Aller seul vers une île est une sensation étrange et merveilleuse à l’heure où le soleil rase l’eau… Arrivé vers 18h30 sur l’Ile de BATZ, je suis allé directement à la mairie où je me suis entretenu pendant ¼ d’heure avec Guy CABIOCH, le Maire, lequel après m’avoir écouté, m’a fixé rendez-vous le lendemain matin à la mairie avec Un journaliste d’OUEST FRANCE, René LE SAOUT. Là, j’ai été interviewé pendant 1 heure par le journaliste qui m’a pris en photo sur la plage devant la mairie afin d’inciter les habitants de l’Ile de BATZ à collecter les sables des 25 plages de l’île, via l’école et ses élèves, etc. Je suis resté 24 heures sur l’île de BATZ ; elle est petite, un bijou d’une extrême beauté.

Sur une île, comme ailleurs, forcément cap sur le bar ! Je suis donc allé au seul bar digne de ce nom le «KASTEL GWENN » où j’ai passé des heures merveilleuses avec ses habitants qui se sont montrés d’une extrême gentillesse, dont Marcel – ancien marin – qui m’a écrit cette merveilleuse phrase sur mon carnet de route : «On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d’années, on devient vieux pour avoir déserté son idéal. Bonne marche !» Signé : Tonton.

Plus tard, sur l’île, au milieu du village, au beau milieu de la route, une femme très âgée s’est arrêtée pour me parler. Marie COATLEVEN. J’ai déposé mon sac à dos et mon ventral sur le bas-côté de la route et nous nous sommes assis là pendant une heure. Marie avait envie de parler du haut de ses 80 ans bien avancés. Ses yeux pétillants m’ont donné envie de l’écouter. Là, Marie s’est mise à me parler…Elle est née à LANNION. Après avoir perdu ses parents avant l’âge de douze ans, Marie a été élevée par sa grand-mère. Celle-ci ne pouvant plus subvenir à ses besoins, Marie a travaillé dans les fermes entre 12 et 16 ans. A 16 ans, elle s’est ainsi retrouvée sur l’île de BATZ où elle a fait connaissance d’un jeune homme de l’île. Sa grand-mère ne sachant plus où elle se trouvait, l’a portée disparue et a lancé un avis de recherche auprès de la gendarmerie. Les gendarmes de ROSCOFF ont fait leur travail et ont fini par apprendre que Marie était sur l’île de BATZ où ils ont voulu aller la chercher. Les bateliers qui font la navette sachant pertinemment où et avec qui elle était, alors qu’elle était encore mineure, se sont opposés aux gendarmes qui voulaient faire la traversée leur disant : «N’allez pas la chercher, ce n’est pas beau ce que vous ferez! On sait où elle est et avec qui elle est … Ne vous inquiétez pas, il n’y a aucun problème !»

Marie s’est mariée avec ce beau jeune homme avec qui elle a eu dix enfants. Elle a perdu deux fils, a enterré son premier mari, s’est remariée sur l’île, a enterré son second mari… Depuis, Marie n’a pas quitté son île.

Après l’Ile de BATZ, je suis retourné à ROSCOFF à « La Moule au Pot » où j’ai parlé avec Nicole puis j’ai pris une chambre pour la nuit à l’hôtel «Les Tamaris» où j’ai longuement parlé avec Anne et les clients de l’hôtel. Anne m’a signé mon carnet de route en y inscrivant : «Au magicien des sables, un cordial soutien pour la finalisation du projet aussi précieux qu’un diamant «solitaire». Eternellement, bon vent, Anne»

A ROSCOFF j’avais de nouveau rendez-vous avec le journaliste Pierre Yves COLLINET du Magazine du TELEGRAMMME de MORLAIX. Pierre Yves, venu avec son fils Antoine COLLINET, m’a pris en photo sur la plage de ROSCOFF, face à l’Ile de BATZ, en prévision d’une page complète dans le Magazine du TELEGRAMME pour expliquer le projet «Le Solitaire…des marées» et la «Collecte des sables» au peuple breton.

De ROSCOFF, j’ai marché jusqu’à SANTEC où je me suis installé au bar «Les Embruns» puis au bar «Le Marigny» ; je me suis posé là quelques heures après m’être réapprovisionné pour la fin de semaine à l’abord de la Côte des Légendes. Au « Marigny », j’ai longuement parlé avec Arnaud TANEY qui m’a signé mon carnet de route de la sorte : «Salutations, monsieur «pas comme les autres». Bonne continuation». Au bar, un homme m’a écouté parler avec Arnaud, m’a invité à boire un verre avec lui ; j’ai pris un café. Il m’a dit «Merde, alors !» Je lui ai répondu «Comment tu écris cela ?» Il m’a regardé et j’ai insisté «Comment tu écris cela ?»… Alors j’ai épelé «Mers d’alors !» Il m’a regardé en souriant et en répondant «Bordel !» Là je lui ai dit «Et cela, tu l’écris comment ?» Il m’a regardé à nouveau, intrigué… J’ai alors épelé «Bords d’elles !» à quoi j’ai ajouté : «A l’abord d’âge !». Là il a sorti un carnet de sa poche pour écrire, j’ai demandé au propriétaire du Marigny de me donner la craie et l’ardoise d’écolier qui étaient sur le comptoir et j’ai écrit : «Merde alors! Bords d’elles! A l’abord d’âge!» Signé JFA. Alors, j’ai laissé l’ardoise au bar en demandant de ne jamais l’effacer, ce qu’il m’a promis de faire. L’homme qui m’a offert le café m’a ensuite déposé 2km plus loin avec sa voiture et m’a conduit chez le sculpteur Patrice LE GUEN. En sortant de la voiture, je lui ai demandé de me signer mon carnet de route, ce qu’il a fait ! Quand il a écrit son nom et son adresse, je lui ai demandé : «De la même famille ?» Il m’a regardé et m’a dit «Oui, c’était mon oncle !» Dans le vif de l’action, je lui ai alors demandé de m’écrire rapidement quel était son meilleur souvenir de son oncle. Il a alors écrit : «De mon oncle, je ne me souviens que de ses dettes ! Salutations à toi, bonne marche. Je penserai à toi, c’est superbe ce que tu fais. Bravo !» Signé Georges PECK, juge arbitre officiel de la fédération française de tennis, JAT1, carte 04-0039, licence 72497775, Rolland Garros, directeur de la National Bank of Kuwait International, neveu de Gregory PECK.

Voilà comment je suis entré à l’abord de la Côte des Légendes, juste avant d’aller voir le sculpteur Patrice LE GUEN et sa femme Sylvie chez lesquels je me suis arrêté une petite heure pour découvrir le merveilleux travail de taille de Patrice. Ensuite, je me suis remis en marche en direction de l’Ile Vierge en passant par le Port de MOGUERIEC, PLOUESCAT où j’ai bivouaqué au pied d’un menhir dans un site mégalithique où j’ai eu droit à un extraordinaire coucher de soleil au pied du menhir.

Après PLOUESCAT, j’ai traversé les dunes de KEREMMA – halte de migrations importantes d’oiseaux entre l’Arctique et l’Afrique – l’Anse de KERNIC, GOULVEN, KERLOUAN, GUISSINY, etc. Rencontres avec France et Jean Pierre, Sophie… et Véronique à la Maison du Pêcheur chez Rémy.

Arrivé à PLOUGUERNEAU, je me suis arrêté chez les goémoniers, à KERGOFF au bar « AN DOLENN » où le patron m’a offert un saucisson, une baguette de pain après m’avoir offert ma bière et signé mon carnet de route. Là je me suis retrouvé invité par les clients qui m’ont offert le gîte et le couvert dans une immense maison face à la mer. A 23h00 j’étais donc chez des gens adorables qui m’ont apporté une araignée de mer, de la mayonnaise « maison » et du vin rouge. J’ai mangé l’araignée en expliquant « Le Solitaire…des marées »…

Le lendemain matin, le 30 avril, je suis allé jusqu’à LILIA pour prendre le bateau à KASTELL At’h vers l’Ile Vierge où j’ai passé la nuit au pied du plus haut phare en pierre de taille du monde. Le lendemain j’en ai fait la visite, discutant longuement avec Ronan LE MEUR, guide au phare de l’île Vierge, qui m’a expliqué dans les moindres détails toute l’histoire de ce phare incroyable, tapissé à l’intérieur de 12500 plaques d’opaline bleu azur (à 75 euros la plaque, faites le calcul !) Et ceci n’est qu’un des détails de ce phare mythique !

Après l’Ile Vierge, j’ai marché jusqu’au Pont de PALUDEN pour remonter jusqu’au port de l’ABER WRAC’H à LANDEDA où je me suis posé au bar restaurant « L’Escale » pendant 48h00 pour y attendre la venue, entre les trois abers (WRAC’H, BENOIT et ILDUT) de Michèle et Charles CAGNIARD et de Catherine et Yves DALLET pour le 3 mai à 20h00.

Semaine prochaine, embarquement pour l’Ile de MOLENE, l’Ile d’OUESSANT et retour sur CAMARET.

Les plus vifs remerciements à :

  • Victor GRILLOT pour sa nouvelle collecte : NEW YORK,
  • la famille SOUPAULT (1ère collecte) pour leur collecte bretonne,
  • l’actrice américaine Erika KRAMER pour sa 4ème collecte,
  • Jean François CHAUSSOY ( 1ère collecte) pour sa collecte à BOULOGNE SUR MER
  • François, Isabelle, Jean, Louis, Jeannine (et tous ceux que j’oublie, qu’ils veuillent bien m’en excuser) pour leurs appels et leur affectueux soutien.

Dicter ce billet par téléphone a coûté 12 euros ; merci de laisser vos commentaires si vous prenez plaisir à suivre l’aventure…

Texte de Jean François

Saisie, mise en forme et liens par Chris

2 commentaires sur “J + 033 / BRETAGNE FINISTERE”

  1. Carole dit :

    Contente d’avoir des nouvelles et des belles! Je découvre que les Bretons sont de magnifiques poètes. Comme je t’envie JFA et j’espère que tu prends plein de photos! @+
    Carole

  2. Nat dit :

    JFA a rejoint l’île de Molène. Il déjeunait ce lundi midi en compagnie de « Monsieur l’instituteur ».
    Il a pu récupérer ce week-end sa bonne vieille paire de chaussures de marche dans lesquelles il sera plus à l’aise ! ainsi qu’un sursac de couchage imperméable.
    Le moral est bon, les rencontres enrichissantes, les paysages d’une beauté inattendue…

    Je lui ai annoncé une nouvelle collecte d’un sable « particulier », réalisée sur un site unique en Europe, le GOIS (Vendée – France).

    Un peu d’histoire :
    Le GOIS est une chaussée submersible d’environ 4,2 km de longueur reliant, à marée basse, le continent à l’île de NOIRMOUTIER. Si le passage actuel est relativement récent, il y a des siècles que les communications entre l’île et la terre ferme sont possibles. Des bourgeois nantais emmenés captifs dans l’île de Noirmoutier par les Normands en 843, réussissent à en sortir à la faveur du reflux et à gagner le continent.

    Sauf forte tempête, la route est accessible une heure et demie avant et après la basse mer.

    Cette collecte a été faite au pied d’une balise servant de refuge aux personnes surprises par la marée montante. Quelques heures après cette collecte, l’endroit se retrouvait sous environ 3 mètres d’eau.
    Les pêcheurs de coques et palourdes ont alors laissés place aux jet-ski !

    Une traversée magique à vivre entre le continent et l’île…

    Je vous invite à venir, vous aussi, raconter vos collectes au gré de vos escapades.

    Bon vent à toi JF sur cette terre bretonne !

    Bisous. Nat

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