Carnets MOLESKINE

Mes MOLESKINE : Ils sont au nombre de 5

Voir : Qu’est-ce qu’un MOLESKINE ?

Un MOLESKINE est un carnet de voyage très célèbre, réputé pour sa résistance et pour sa qualité. En partant faire cette longue Marche Maritime de 3200 km, sur une durée de 5 mois 1/2, j’avais à gérer quotidiennement deux impératifs :

  1. Faire tamponner tous les jours ma Credencial dans les mairies, écoles, auberges, etc. C’est absolument obligatoire et indispensable pour la partie espagnole et totalement indispensable pour obtenir la Compostela qui n’est délivrée à Santiago de Compostela qu’après vérification de tous les tampons. Même chose pour la Fisterra délivrée à Cabo Fisterra et pour le dernier document officiel de la Costa Da Morte délivré à Muxia au final de la marche, attestant de la Fin da Ruta Xacobea. Parti du Mont-Saint-Michel par la côte, j’ai apposé ma Credencial sur le premier carnet Moleskine qui, en accompagnement des coups de tampons, s’est vite rempli d’encouragements et de petits mots laissés et annotés en chemin par les maires des innombrables communes traversées, etc., étant parti par le chemin le plus long que l’on puisse faire pour aller jusqu’à Santiago de Compostela depuis ce point de départ.
  2. Je devais par ailleurs m’assurer d’avoir avec moi des carnets à la qualité de papier irréprochable, capables de résister sur la durée aux intempéries et à l’humidité afin que l’encrage de coups de tampons ne se détériore sur la durée et ne finisse par traverser les pages, s’agissant de coups de tampons officiels autant que d’annotations et dédicaces inédites et originales.

Étant, en chemin, passé voir toutes les mairies, toutes les écoles des îles du Ponant, les capitaineries, les SNSM, etc., ma Crédencial s’est vite trouvée remplie avant que je ne dépasse la pointe du premier Finistère. Le relais du tamponnage de celle-ci s’est donc poursuivi au fur et à mesure du remplissage des pages du premier carnet de route Moleskine et ensuite sur les suivants.

Si certains coups de tampons attestent d’un passage, d’autres beaucoup plus officiels et beaucoup plus rares sont venus remplir magiquement cette Credencial, tels ceux aux noms évocateurs des îles du Ponant, de l’île de Batz, de l’île de Molène, de l’île d’Ouessant, de l’île de Sein et de tant d’autres structures et endroits, ou bien encore celui du monastère des bénédictines de Santiago, etc. Sur 3200 km parcourus et des centaines de mairies et structures rencontrées, il n’y a que 4 structures qui ont refusé de tamponner et de signer au premier abord ces carnets. Il aura fallu que j’insiste et que je me fâche à quatre reprises devant 4 personnes pour obtenir 4 tampons sur des centaines et des centaines.

Un coup de tampon que j’affectionne plus particulièrement est celui qui m’a été tamponné par Henri Richard au Cap Frehel. Henri Richard est le dernier gardien de phare habitant des côtes d’Armor, l’un des 20 derniers gardiens de phares en France. Autant dire une rareté sinon un Patrimoine quand l’on sait quels furent les phares mythiques sur lesquels cet homme a exercé toute sa carrière de gardien de phare. Aussi avais-je soin de les préserver ces carnets de route, tout au long de cette longue marche, en y prenant soin comme à la prunelle de mes yeux, après tous ces instants passés avec de tels personnages dans de tels monuments.

Au fur et à mesure de toutes ces rencontres, toutes aussi magiques les unes que les autres, faites au cours de cette marche, ce sont ainsi plus de 1000 personnes qui, entre le Mont-Saint-Michel et Muxia, sont venues me raconter une partie de leur histoire, un détail de leur vie, un évènement, une situation, un contexte, etc. Le premier carnet de route rempli, le deuxième s’est étoffé de 1000 et une annotations…

En parallèle et en imbrication de toutes les histoires collectées, ce sont autant de détails sur l’architecture des monuments que j’ai visité, sur les lieux géographiques que j’ai traversé, géologiques, historiques, etc., que je suis allé collecter en chemin en même temps que d’inviter des personnes à collecter des sables.

Des trajectoires relevées…

Des traditions…

Des situations maritimes particulières…

Autant de détails que seule la mémoire ne peut retenir.

Ainsi se sont remplis mes carnets de routes Moleskine au fur et à mesure et tout au long de cette marche.

Parallèlement à ces carnets de route et en accompagnement de ceux-çi, ce sont 25 cd-rom d’images, 10.000 photos, prisent en chemin durant 5 mois 1/2.

Ces carnets de route Moleskine n’ont pas pour objectif d’être publiés. Ils ne sont que ma Credencial qui m’a permis d’obtenir au bout de ces 3200 km de marche les 3 documents très officiels mais aussi très difficiles à obtenir que sont : la Compostela, la Fisterra et la Fin Da Ruta Xacobea de la Costa Da Morte qui s’obtient à Muxia.

Maintenant, ces 5 carnets de routes Moleskine vont me servir de fil d’Ariane. Ils vont me permettre d’aller mettre tout cela en écriture pour parler de cette façade maritime et de ce chemin emprunté, classé Patrimoine mondiale de l’humanité, qu’est ce fameux CAMINO DEL NORTE, hier pratiqué par Saint-François d’Assise en 1214 et ensuite par tant d’autres. Tous ne sont pas partis d’aussi loin pour aller jusqu’au Sanctuaire de la Vierge de la Barca. Aussi vais-je m’efforcer d’aller mettre tout cela en écriture de façon reposée et objective afin d’apporter une vision contemporaine de ce fameux chemin jacquaire en regard du matériau que je fais collecter pour « Le Solitaire… des marées ».

J’embarque lundi soir pour l’île de Molène pour aller y vivre une autre aventure qui va m’amener de nouveau à aller au-delà de mes limites. Cette fois-ci en écriture. Je vais passer mes 6 prochains mois sur cette île à ne faire qu’y écrire, y écrire et y écrire encore pour arriver au final à sortir un livre de 600 pages : 3200 km divisés par 180 jours, cela fait plus ou moins 3 à 4 pages d’écriture par jour par sections de 20 km pour résumer, mettre en scène et en relief 1000 personnages rencontrés et 10.000 photos prisent en chemin.

Ils sont au nombre de 5

Jean-François Aillet

À propos de Jean-François Aillet

Sculpteur : Après plus de 50.000 km parcourus seul en auto-stop à travers toute l'Europe dès l'âge de 14 ans, dont un peu plus de 15.000 km parcourus à pied, une Marche Maritime de 3200 km par la côte en 6 mois de marche, 7 jours sur 7, par tous les temps avec 20 kg de matériel sur les épaules depuis le Mont-Saint-Michel jusqu'à Saint-Jacques-de-Compostelle via le Camino del Norte, Cabo Fisterra et Muxia, 800 km parcourus à pied autour de l'île de Molène en 180 jours de marche insulaire en mer d'Iroise à la vigie des embruns, passé la cinquantaine, ça apprend la simplicité et l'humilité. Voir : Credencial Globale. Je vous en souhaite une agréable découverte.
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