Retour de Marche Maritime

Après 3200 km de Marche Maritime, c’est le pied !!!

Chacun prend son pied comme il peut !

Après une telle marche, c’est sans commentaire !

Sang comme en terre…

…Une telle marche se mérite. Cela ne se fait pas tout seul. Cela se gère au moral, à la motivation, au mental, à la résistance et à la détermination. Quoi qu’il puisse arriver et quoi qu’il puisse se passer en chemin… C’est dans la tête que ça se passe !

L’intention de cette Marche Maritime était d’aller les chercher, d’aller en chercher quelques uns, d’aller chercher quelques sables pour faire venir maintenant les autres en invitant des personnes à aller les collecter dans le cadre d’un projet et pour un projet.

« Si demain la technologie se révélait capable de créer des images sur un principe plus proche du cinéma, c’est à dire des séquences d’images projetées, complètes, à un certain rythme, on pourrait disposer d’un outil de conception romanesque assez proche du monde du livre ordinaire. Ce sera un pas supplémentaire vers la dématérialisation du naturel dans le rêve. Mac Luhan dit quelque part que l’homme paléolithique, le spécialiste de la cueillette, se retrouve aujourd’hui dans le rôle de butineur d’informations et que, ce faisant, il est redevenu un NOMADE. C’est bien au nomadisme à travers les fichiers que nous sommes invités ces jours-ci. Il est clair qu’on ne récupère qu’une faible partie du disponible. Il faut donc se reposer sur la bienveillance des dieux qui président au hasard des rencontres et déposer, en conséquence, des offrandes dans les carrefours… » Paul Caro 04 nov. 84, Centre de création industrielle, Centre George Pompidou.

L’intention recherchée était d’aller au contact, au contact avec des mairies, des écoles, des villages, des villes portuaires, des environnements maritimes, etc., d’aller tout simplement à la rencontres des autres afin de communiquer et de laisser en chemin des graines d’information destinées à aller germer dans la tête des personnes rencontrées pour faire venir maintenant d’autres sables sur la durée.

Qu’est-ce que cela veut dire…

Aller chercher et faire venir des sables sur la durée ?

Les sables sont lointains ! Aller les chercher et les faire venir des quatre coins du monde demande un effort et une logistique. Cela ne se fait pas tout seul ! Je suis allé chercher celui-ci, par exemple, le 226ème sable collecté sur 7000, sur la plage d’Itzurun, le long d’une des plates-formes d’abrasion les plus étendues en Europe, au Pays Basque espagnol, le long de la Mer Cantabrique, pour le projet « Le Solitaire… des marées ».

Voir ici la galerie détaillée de cette 226ème collecte

Un instant géologique de la plage d’Itzurun, à Zumaia, jusqu’à Deba, où se dressent sur la mer de splendides formations rocheuses en strates verticales qui créent un paysage magique et majestueux. A marée basse, le pied des falaises s’étale en une large plate-forme érodée par l’incessante poussée de la mer. On peut observer aussi, dans la zone d’Algorri, comment l’érosion des vagues à mis à jour une couche d’iridium, attribuée à l’impact d’un grand météorite sur la terre voici 65 millions d’années qui serait à l’origine de la disparition des dinosaures. La plage d’Itzurun fait partie d’une des zones les plus spectaculaires de la côte de Guipuzcoa avec ses grandes falaises verticales, des parois calcaires qui atteignent une hauteur de 150 mètres. Il s’agit d’un phénomène géologique, nommé flysch, résultat d’une érosion millénaire.

Je suis allé chercher celui-ci pour faire venir les autres sables, selon l’intention de cette longue marche maritime projetée le long de la façade maritime, en empruntant pour cela le plus long chemin qui puisse se faire à pied depuis le Mont-Saint-Michel – où j’ai organisé en 2007 la 1ère Rencontre Internationale spéciale « Le Solitaire… des marées »jusqu’au Sanctuaire de la Vierge de la Barca à Muxia. C’est un long chemin, un très long chemin. Il m’aura donc fallu 5 mois 1/2 de marche à pied pour y arriver en empruntant ce chemin hier pratiqué par les pèlerins venus de toute l’Europe, avant par les Celtes et encore avant par les bâtisseurs des menhirs, des dolmens et autres empierrements.

Voir les autres collectes et les nouvelles collectes :

Page 1 : http://www.aillet.com/collecte/base/sables/index.htm
Page 2 : http://www.aillet.com/collecte/base/sables/index_2.htm
Page 3 : http://www.aillet.com/collecte/base/sables/index_3.htm

Que suis-je allé faire là ?

Je rentre de cette marche avec 5 carnets de route Moleskine remplis. Je suis revenu avec 25 cd-rom de photos, 10000 photos prisent en chemin. J’ai rencontré plus de 1000 personnes, écouté plus de 1000 histoires. Je m’en vais donc maintenant mettre tout cela en écriture.

Quel est le contexte

…et quelle est la trame de fond ?

1

  1. Le lieu de la 1ère Rencontre Internationale
    spéciale « Le Solitaire… des marées »,
    le
    Mont-Saint-Michel,
    est un lieu classé Patrimoine mondial Unesco.
  2. Le chemin que j’ai emprunté pour faire cette marche,
    le « Camino del Norte »,
    est lui-même classé Patrimoine de l’humanité.
  3. Je m’en vais donc maintenant écrire le livre de cette marche
    dans un endroit également classé Patrimoine mondial Unesco :
    l’Archipel de Molène.

Un triptyque pour un biface :

1 semestre de marche pour 1 semestre d’écriture

Départ programmé sur l’île de Molène :

Fin octobre 2008 jusqu’au printemps 2009


La mémoire est fugace ! Aussi, la figer avant qu’elle ne disparaisse est, pour l’heure, ma seule et unique préoccupation et priorité absolue pour aller écrire un livre qui parlera de cette façade maritime au moment où elle va commencer à se retransformer… Approximativement 6 MOIS de marche le long de cette façade maritime, cela signifie 180 JOURS de marche à raison de 3 à 4 PAGES d’écriture pour résumer chaque journée, plus de 1000 personnages, etc., etc. Soit un 600 PAGES en perspective à résumer en 6 mois de temps. Une autre façon de refaire ce voyage. Mais était-ce un voyage ? Hier, ce nomadisme itinérant m’a fait aller marcher le long du littoral entre un point A et un point B. Demain, ce ré-ancrage en un point A, cette sédentarisation sur une île minuscule, magique et merveilleuse, où ce sera alors le monde qui tournera autour… Voila une autre façon d’aborder le Voyage autant extérieur qu’intérieur par les temps imbriqués de 2 Finistères voyagés, 2 Finistères parcourus au rythme de la lente heure. « Qui va à Molène connaît sa peine », selon l’adage. Je connais ma peine.


Je tiens à adresser un immense MERCI à toutes celles et à tous ceux qui ont suivi ce périple à distance. Pour l’heure je n’ai pas envie de parler mais besoin d’aller m’isoler pendant 6 mois en Résidence d’écriture sur l’île de Molène pour permettre à tout cela de trouver son rythme et 6 mois au calme pour tout rédiger ne seront pas de trop tout en prenant ce même temps pour recontacter tout le monde, toutes les personnes rencontrées en chemin et bien d’autres afin de faire venir les autres sables pour organiser la prochaine Rencontre internationale pour « Le Solitaire… des marées ».

Bien à vous, au plaisir de vous lire.

JFA

www.aillet.com

Jean-François Aillet

À propos de Jean-François Aillet

Sculpteur : Après plus de 50.000 km parcourus seul en auto-stop à travers toute l'Europe dès l'âge de 14 ans, dont un peu plus de 15.000 km parcourus à pied, une Marche Maritime de 3200 km par la côte en 6 mois de marche, 7 jours sur 7, par tous les temps avec 20 kg de matériel sur les épaules depuis le Mont-Saint-Michel jusqu'à Saint-Jacques-de-Compostelle via le Camino del Norte, Cabo Fisterra et Muxia, 800 km parcourus à pied autour de l'île de Molène en 180 jours de marche insulaire en mer d'Iroise à la vigie des embruns, passé la cinquantaine, ça apprend la simplicité et l'humilité. Voir : Credencial Globale. Je vous en souhaite une agréable découverte.
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