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Jean-François Aillet - Sculpteur / Designer - Projets en cours

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Interroger la base de données...

"Le Solitaire... des marées"

C'est quoi ce projet ?

0188

Répartition
des collectes
par continents...

1ère
Rencontre Internationale

Mont-Saint-Michel

2ème Rencontre Internationale

Au millième sable collecté...

 

Collecte de matière première JFA fait collecter les sables de toutes les mers du monde. Il vous invite à participer et à faire connaître cette collecte autour de vous afin de l'aider à rassembler 7000 sables pour le projet "Le Solitaire... des marées" : Collecte / 0188

188ème sable collecté sur 7000.
Sable collecté sur la ligne d'arrivée
de la TRANS 333, version 2007,
par Patrice Fayol, sportif de haut niveau, vainqueur de la TRANS 333, version 2005,
vainqueur de la TRANS 333, version 2007.
Course extrême de 333 km non stop dans
le désert organisée par :
Alain Gestin "Créateur de Rêves" :

Qui est Alain Gestin ? "Après avoir baroudé dans les coins de la planète, il se pose en Afrique d'où il est libre de créer des courses qui lui ressemblent. Les concepts de l'extrême sont inimitables. Hors cadre, hors norme. La 333 et la 555 il fallait y penser, ça c'est facile. Il fallait oser, ça c'est moins facile. Gestin est un têtu, un teigneux et un grand rêveur à la caboche dure. Il est toujours prêt à remuer ciel, sable et terre pour vous faire mieux vivre ses bons côtés de la vie. C'est un homme d'instinct et de défis".

Collecte effectuée en Égypte,
Désert Blanc, N 27 27 361 / E 28 15 606
par des hommes et des femmes d'exception
devant et au pied du "Doigt de Dieu",
pour le projet « Le Solitaire... des marées ».

 

Certaines collectes sont si particulières qu'il me manque parfois des mots pour les décrire. Je repense là notamment à la collecte N°0050 que la scientifique Audrey Duval est allée faire en 2006 aux îles Kerguelen et à toute la logistique qui s'était alors déployée autour de cette collecte en Terres Australes et Antarctiques Françaises pour qu'elle puisse me parvenir (chaloupe, hélicoptère, navire océanographique, etc.).

Là, face à la série de ces cinq nouvelles collectes effectuées au cours de cette TRANS 333, je mesure plus que jamais tous les efforts surhumains qui ont été déployé avec tant de générosité pour faire venir ces sables.

Aussi, ne vais-je pas user de mes mots pour vous en faire part mais, au contraire, laisser cet homme hors du commun, Patrice Fayol, vous présenter et vous expliquer sa TRANS 333 comme un cadeau à partager et à faire partager avec le plus grand des respects :

 

 

Voir la galerie détaillée de la collecte

Un immense MERCI
à Patrice Fayol,
pour cette collecte au pied
du "Doigt de Dieu"

.../...

 

 

SA TRANS 333 « 2007 » racontée par Patrice Fayol

 

Patrice Fayol :

"Je remercie tous les sponsors qui m’ont permis de participer à cette édition, ce sont :

 

GEMIDO.

Fabricant d’écran laser pour dépôt de pâte.

L’Impulsion.

Distributeur de matériel électronique à Hérouville St Clair- 14.

CFAI & l’AEET.

Centre de formation d’apprentissage de l’industrie
& l’amicale des élèves de l’école technique.

 

Joël BENOIT.

Électricien à Thaon

Jean-Luc POULAVEC
Librairie à Vassy

La mairie d’Amfréville.

 

Objectif  de cette course dans le désert Égyptien :

 

Parcourir la distance de 333 kilomètres en passant par des  « checks-points »** positionnés tous les 22 Km par l’organisateur de course (Alain GESTIN).

 

Faire cette distance non stop en se dirigeant grâce à un GPS de poignet, dans le temps limite  de 110 heures.

 

** : check point : CP, point de contrôle, de ravitaillement et de repos sous une tente Bédouine.

 

En cette fin d’année 2007 je vais participer pour la troisième fois à la « Trans333 ». (2ème en Égypte)

 

A cette occasion quatre autres Bas Normands seront au départ. Originaires de la région de Lisieux. J’ai fait la connaissance de certains d’entre eux il y a quelques semaines. Nous nous rendons ensemble,  à l’aéroport en ce vendredi 16 novembre 2007 ….. L’avion a décollé vers 14h00. Direction le Caire.

 

A l’aéroport, chacun se voit attribuer un téléphone satellite, garant de notre sécurité individuelle : il nous permet de joindre l’organisateur Alain Gestin ou le staff médical à partir  de  n’importe quel endroit du désert.

 

Les rations de nourriture pour toute la course sont également distribuées avant l’enregistrement de nos bagages.

 

Il faut  4h30 de vol pour  nous rendre au Caire. Il y a une seule heure de décalage entre la France et L’Égypte.

 

Une fois débarqué et après avoir récupéré nos bagages, nous sommes montés dans un bus qui nous a emmené vers l’Oasis de Baharaîya. Nous y sommes arrivés vers 4h00 du matin. Certains, comme moi, n’avons pas pu dormir lors de ce transfert.

 

Et après avoir récupéré les clés des chambres, Alain Gestin l’organisateur, nous annonce un briefing pour le lendemain 8h30 !

 

Voilà déjà une nuit bien courte!

 

Pour ce samedi, nous avions un programme  bien chargé : Petit déjeuner, briefing, enregistrement des points de passage dans nos GPS,  redistribution des téléphones satellites ;  récupération de nos drop bags, nouveau briefing …

 

C’est une journée stressante pour les participants.

 

En effet nombreux sont ceux qui ne connaissent pas le GPS et ceci constitue source  d’incertitudes et de doutes en vue  du lendemain, jour du départ de l’épreuve.

 

Il y a aussi l’ultime préparation de notre sac individuel de course ….et puis alors que le dernier briefing a lieu à 20h30, il faut essayer d’aller se coucher le plus tôt possible car  le réveil du lendemain est fixé à 6h00. Les briefings d’Alain Gestin, c’est quelque chose ! Il sait dynamiser son discourt et ainsi motiver l’ensemble des participants. Chacun repart donc gonflé à bloc pour le lendemain.

 

Au réveil, c’est le même rituel : enfiler la tenue de course, s’alimenter  et surtout vérifier que l’on n’a  rien oublié, car le moindre oubli se paie au prix fort sur la course.

 

Pour ma part, c’est un rituel que je maîtrise sans stress.

 

 Il est vrai que j’aborde cette épreuve avec beaucoup de sérénité.

 

Je l’ai gagnée voici deux ans, j’y reviens l’esprit libre, ayant pour  unique objectif de prendre du  plaisir à participer et  bien entendu de terminer sans trop de bobos.

 

Après le petit déjeuner, pas trop copieux, les coureurs se regroupent dans la cour.

 

Les tenues sont totalement différentes pour les uns et les autres. Certains optent pour des guêtres. Quelques coureurs sont revêtus de manches longues et de collants…copiant ainsi les options que j’avais prises à l’édition précédente……

 

Cela ne me dérange absolument pas, car contrairement à beaucoup, je communique facilement sur mes façons de faire afin qu’ensuite, chacun puisse faire comme il l’entend. Cependant je ne donne jamais de conseil : c’est à chacun de se faire son opinion et de voir ce qui lui va le mieux.

 

Tous partent avec les lunettes de soleil, car le soleil brille fort et la chaleur est au rendez vous, il fait  environ 35°C. Certains se recouvrent la tête et d’autre non. Moi je suis partisan de recouvrir le maximum du corps et de le protéger des rayons du soleil. Je pense que c’est de la fatigue d’économisée.

 

Nous faisons une dizaine de kilomètres en 4X4 afin de rejoindre la ligne de départ.

 

Et après avoir observé une minute de silence, ultime contact spirituel avec nos proches, le coup de sifflet de l’organisateur  retenti.

 

Il est 9H45, il fait 30/35°C, le sable et les roches s’étendent devant les 38 coureurs, dont trois femmes qui  se lancent  pour 333km non-stop. Le départ d’une nouvelle aventure. 9H45, 30/35°C, du sable, des roches....

 

C’est parti… Le désert est à nous !

 

Depuis deux ans, nous étions habitués à voir quelques coureurs partir rapidement.

 

Mais sur cette édition, pas de précipitation. Le départ est calme, ce qui n’est pas plus mal. Personnellement, je prends mon train train habituel. C'est-à-dire, pas d’effort sur les premiers kilomètres. Il faut laisser le temps au corps pour s’habituer, s’adapter.

 

Les foulées se font tranquilles, et petit à petit la file des coureurs s’allonge. Après quelques kilomètres ; nous nous retrouvons à trois coureurs aux avants postes : Un Italien « Sergio », André Le Boulanger et moi-même.

 

Après avoir couru une dizaine de kilomètres, nous arrivons dans une oasis. Il y a beaucoup de petites dunes de sable très fin et je commence à ressentir une gêne pour courir. Je suis obligé de laisser partir mes deux compères devant car je suis contraint de marcher.

 

Cela ne prête pas à conséquence à ce stade de la course car, oui je marche, mais je marche à bonne vitesse.

 

Sorti de cet oasis, je ne vois plus mes deux compagnons. Sont-ils déjà si loin ? En réalité, ils ont bifurqué trop à gauche. Moi, je file directement sur le CP 1. En passant par un passage intermédiaire, je me retrouve avec Philippe (un suisse). Il trottine bien,  je le suis en marchant.

 

Nous arrivons au CP1, l’italien est là…... Mais André lui n’y est pas.

 

 

Je repars aussitôt après avoir avalé une boite de ravioli et refait le plein d’eau. Je bois déjà mes deux litres et demi d’eau entre chaque CP.

 Il ne m’est toujours pas possible de courir. Cette gêne dans la jambe droite est encore là. Elle ne me fait pas vraiment mal, mais impossible …de courir.

Je marche donc rapidement en espérant que cela revienne vite.

Isabelle (1ère féminine) ne tarde pas à revenir sur moi et à me doubler de sa petite foulée. Je reste derrière elle à quelques mètres seulement et ce jusqu’au CP 2.

À ce CP je suis cinquième, car André est présent. A la  réalité, il est bien parti trop à gauche à la sortie de l’Oasis. Et de ce fait il a raté le CP1…….. Passage obligatoire qui permet à l’organisateur de course de connaître la position des coureurs. André aurait dû passer au CP1 ou tout du moins prévenir, par téléphone satellite, l’organisateur de sa dérive ; ne l’ayant pas vu passer, celui ci avait déjà lancé des recherches. De ce fait, dès l’arrivé d’André au CP 2, l’organisateur  alerté, a affligé 1h30 de pénalité au coureur.

 

 

 

Je suis étonné de cette cinquième place car je marche. Certes rapidement, mais je m’attendais à  voir plus de coureur me doubler. Je quitte ce CP, 4ème, après avoir refait le plein d’eau et avoir mangé rapidement ; je rassure André en partant : «  Tu ne tarderas pas à revenir sur moi, car je marche »

Je ne perds pas de temps dans les CP car je sais que je suis déjà trop lent entre deux CP.

 « Chemin  marchant », je fais le point de ma situation : Je n’arrive toujours pas à courir et j’ai l’estomac chargé. Je bois beaucoup car je sais que c’est important. Ok la première journée, le corps a besoin de s’adapter, mais cette année je le paie cher !

 Le soleil ne tarde pas à se cacher. Je range mes lunettes de soleil en faisant attention de ne pas les perdre comme l’année dernière. Et je continue ma marche solitaire dans ce désert qui s’enfonce dans la nuit.

Habituellement je ne suis pas du genre à m’angoisser et à me poser des questions. Mais entre ces deux CP je dois reconnaître que ma situation me laisse dubitatif.

Dans ce type de course, c’est à éviter car « c’est la tête qui emmène les jambes au bout ».

 

A mon arrivée au CP 3, Philippe vient de partir et Isabelle s’apprête à le suivre. Elle est surprise, inquiète de me voir ainsi. Elle, dont c’est la première participation, est venue sur la 333 avec toutes mes recommandations, et se retrouve devant moi. Je suis satisfait pour elle et tout de même un peu surpris, pourtant je sais qu’elle peut tenir longtemps sur ce rythme.

Je me restaure et fait le point.

Alors que  je mange un peu de poisson et de riz, deux autres coureurs arrivent, ils sont surpris de me voir. Ce sont deux des Normands : Gaël et Serge. « ce n’est pas normal que l’on se retrouve avec toi dans un CP c’est sans doute que l’on va trop vite » me disent ils !

En réalité, c’est sûrement moi qui ne vais pas assez vite. A leur surprise, je leur demande « si je repars avec vous cette nuit, cela ne vous dérange pas ? » En fait, j’ai très vite pris conscience  que si je partais seul pour cette première nuit, je risquais de trop « cogiter » voir même ………d’abandonner.

 

Nous sommes repartis tous les trois sur un bon rythme. J’avoue même qu’au début j’avais du mal à me remettre dans le rythme. Difficile de ne pas penser à ma jambe, et à mon estomac qui me gênaient de plus en plus. Moralement, je suis tout de même resté fort. (Aidé en cela par l’expérience vécue trois ans plus tôt, au Niger, par Gérard Cain qui avait énormément galéré suite à des problèmes de santé,  puis, tout étant revenu normal  après quatre jours de course, avait  remonté la course et terminé deuxième).

Gaël et Serge sont deux nouveaux compagnons que j’apprécie. Ils sont de Lisieux et Cambremer, nous ne nous connaissons presque pas, de ce fait nous avons  beaucoup de sujet de conversation.

Gaël qui est archéologue nous fait profiter de ses connaissances en la matière : en pleine nuit, il a repéré un site archéologique. Ainsi à la lampe frontale, il nous montre de nombreuses pierres taillées. C’est passionnant, mais…nous ne sommes pas là pour cela et  il nous faut repartir.

Avant d’arriver au CP4, deux nouveaux coureurs nous doublent au loin. Nous voyons leurs lampes frontales éclairer dans la nuit. Il s’agit d’André et de Dan un Américain. Ils sont rapides, et nous les suivrons de loin.

Comme nous arrivons au CP 4, ils sont déjà sur le départ. Classique ravitaillement pour nous. J’ai  bu moins d’eau entre ces deux derniers CP. Malgré cela  l’estomac me gêne encore. Et il m’est toujours impossible de courir. Heureusement Gaël et Serge ne veulent pas courir cette nuit, cela m’arrange bien. Nous repartons donc ensemble pour 4 ou 5 nouvelles heures de marche.

Il y a  5 coureurs maintenant devant nous, et alors que nous partons, Philippe et Hervé, deux autres Normands, arrivent au CP. Ils ne semblent pas trop mal, mais disent souffrir.

Avec Gaël et Serge, nous avons décidé de nous arrêter 2 à 3 minutes tous les 5 Kilomètres pour optimiser le repos. J’ai une certitude : en  leur compagnie, je continue à avancer et je ne me pose pas trop de question. C’est excellent  moralement.

Comme je l’avais annoncé à mes camarades de course, dans le désert, lorsque la lune disparaît vers les 3h00 du matin, le froid se fait sentir, et le vent monte.

Avec la fatigue, c’est une sensation de froid terrible. Mais nous continuons à bien avancer.

Serge se plaint d’une ampoule sous le pied. Je connais ce type d’ampoule. C’est très douloureux, mais il faut apprendre à faire abstraction à ce type de douleur et avancer.  Serge  souhaite ne pas continuer  à la  cadence que nous avons. Gaël et moi maintenons notre rythme mais je me sens pouvoir marcher encore plus vite. Au levé du jour, nous nous sommes assoupi 10 mn dans le sable. En repartant, je me  sens à nouveau bien dans mes jambes. Avec Gaël, nous avons convenu que je repartirai en courant du CP5 afin de tester mes jambes.

Nous sommes arrivés tous les deux au CP 5 peu après le lever du jour, satisfait de la  bonne distance parcourue lors  cette première journée difficile à gérer.

 

Dans ce CP, il y avait l’Italien se reposant car il n’était pas très bien. André était également là en train de se restaurer. Dan n’avait fait que passer au CP et était reparti depuis plus d’une heure. Philippe et Isabelle venaient de reprendre la piste.

Il y avait également nos deux infirmière Isa et Sabine. En plus des soins pour les coureurs, elles apportaient un peu de réconfort. Soit par leurs paroles ou bien en nous aidant dans le CP. J’ai eu le droit à une crêpe au chocolat ! En plein désert, c’est très agréable.

J’ai  mangé rapidement et je me suis fait un petit soin de pied. Et puis un quart d’heure derrière André, je suis reparti sous un beau soleil ….en courant, enfin ! Je retrouvais une sensation qui m’avait échappé la veille. Que c’est agréable de pouvoir courir à nouveau. 

Je suis très vite revenu sur André, reparti avant moi,  je l’ai invité à me suivre. A ma surprise, il a refusé, alors que nous aurions pu  faire un bon duo. Il semblait triste ou bien fatigué….. Je savais qu’il était capable de revenir très vite sur moi. Je n’ai pas insisté et je suis reparti afin de remonter la course.

Peu de temps après, c’est Isabelle que je rattrapais. Elle s’est dite  contente de me voir courir. Elle maintenait toujours sa foulée tranquille. Après quelques minutes, j’ai repris mon rythme car je savais que Dan et Philippe ne devaient pas être très  loin devant. Prémonition qui s’est révélée exacte car je suis revenu rapidement sur eux, Dan n’étais pas au top ! Cela se voyait à son allure.

Son corps  penchait légèrement sur la droite, indiquant  une probable douleur de dos. Je l’ai aidé à redresser son équipement correctement car le réglage de ses lanières, équilibrant son sac, lui permettait de mieux  se tenir.

Philippe était devant et trottinait. Je me maintenais en marchant à côté de lui. Nous avions déjà, par le passé, fait quelques bouts de route ensemble alors je lui proposais de faire à nouveau un bout de chemin en duo. Il refusa car il pensait que j’étais trop rapide pour lui. Je les accompagnais jusqu’au CP7, CP que nous atteignons à la tombée de la nuit.

J’y trouve Patrick Soulabaille, journaliste de FR3 Bretagne sur la course, il y réalise un film. Son impression est que le résultat de la course ne fait plus de doute car, selon lui, je venais de creuser un trop grand écart avec le reste de la course…enthousiasme que je ne partage pas…..j’ai bien en tête mes difficultés récentes !

 

 

 

Classique restauration et courte récupération. J’aurai bien aimé que Philippe se soit joint à nous trois pour démarrer cette étape, hélas.

Après quelques passages dans du sable mou, j’ai senti une douleur irradier la gauche de  mon haine. Par expérience j’identifie une  tendinite, conséquence de la douleur de la jambe droite quelques heures auparavant : lorsque que le corps à une douleur, nous compensons en modifiant notre posture de course.

Ce n’était vraiment pas le moment….ce n’est jamais le moment !

Je  décide d’essayer de  la dissimuler aux autres, et, si possible, de partir seul afin de mieux la gérer.

De temps en temps, Philippe courait, et je me contraignais à en faire de même. Par moment, j’étais obligé de rester un peu derrière suivant la nature des appuis au sol.

J’arrivais tout de même à courir, mais….. à mon rythme!

 

C’est la raison pour laquelle, arrivant tous ensemble au CP 8, je repartis immédiatement, seul, disant à mes compagnons que je dormirai en cours de route, dans le sable. Ce que je fis quelques kilomètres plus tard.

A mon réveil j’aperçois les lampes frontales de mes poursuivants. Après les avoir salué je repars en courant. A 5 kilomètres du prochain CP une autre frontale est visible : André ou bien  Sergio, l’Italien ?

Pas question de ralentir.

Alors j’ai couru jusqu’au CP9, ignorant ma douleur.

Hélas les Bédouins dormaient dans la tente : ils n’avaient rien préparés comme ravitaillement !

Alors je suis reparti tout de suite après avoir rempli le document de passage obligatoire : Il fallait creuser un écart conséquent avec mon poursuivant et j’avais dans mon sac de quoi me nourrir sous forme de barres ou de fruits secs.

 

 

 

J’ai couru Jusqu’au CP10 sans relâcher l’effort. Je comptais y manger correctement et prendre un peu de temps de repos.

Nouvelle déception, là aussi les Bédouins dormaient et donc à nouveau pas de ravitaillement. En fouinant dans leurs cartons, j’y ai trouvé une boite de raviolis que j’ai mangé froids…et puis j’ai mon stock perso dans mon sac…..au cas où !

 

Ces derniers arrêts dans les CP ont été de brève durée. C’est important de ne pas se laisser tenter par un havre accueillant ou l’on peut se restaurer tranquillement mais  également se reposer.

 

****************************

 

Lors de l’étape suivante, il y avait 15km à parcourir avant de descendre une immense dune. Mais en réalité, comme sur ces 15km le terrain était très peu praticable, il fallait sans cesse faire des détours …ainsi ce sont 25km dans un sable fluide que j’ai dû faire…en marchant !

 De temps en temps, je me retournais, persuadé qu’un coureur reviendrait sur moi.

Je suis arrivé en haut de cette dune au milieu de la matinée. Le soleil tapait déjà fort. Il me restait à descendre cette immense dune en gérant la douleur de  la tendinite.

 Dure tâche, mais le paysage, tellement beau, donnait de l’énergie.

 

 

Du bas de la dune, il restait environ 7km de sable avant le CP11 où ………les bédouins qui s’y tenaient m’ont préparés un plat chaud ……..que j’ai bien apprécié !

En y arrivant, j’ai enlevé mes chaussures afin de me délasser les pieds Mes guêtres rendaient  mes chaussures étanches au sable. : Mes pieds étaient bien.

 

Je suis reparti du CP11 en forme et rassuré de ne pas avoir rencontré  d’autre coureur.

Pour rejoindre le CP12, il y avait deux possibilités : soit prendre les points intermédiaires sur le GPS soit couper au plus court, tout droit. J’ai opté pour la seconde solution.

Le sable est peu praticable et mou. Il fait très chaud. A mi chemin un 4X4 s’est approché. S’y trouvaient  quelques coureurs qui avaient abandonnés. Ils m’ont donnés des nouvelles de l’arrière, nouvelles  que j’ai eu bien du mal à croire : selon eux j’avais déjà un CP d’avance soit ….. 4 ou 5 heures.

 

 

Un peu perplexe,  accompagné de leurs encouragements, je suis reparti de plus belle. Peu avant le CP12, juste avant la tombée de la nuit, l’organisateur et le journaliste sont passés près de moi. J’ai eu le droit à leurs encouragements et à une interview et  quelques prises de vue devant un magnifique coucher de soleil.

Si j’avais pris l’option de prendre les points intermédiaires sur mon GPS, j’aurais sans doute gagné du temps car le sable était plus porteur. Heureusement mon avance est conséquente et ce choix n’a pas prêté à conséquence….. Sauf que le sable mou me faisait souffrir !

CP12, rapide restauration avant de reprendre ma route.

Je savais déjà que je mettrais plus de temps que lors de la précédente édition, mais intérieurement je commençais à réaliser que j’avais de forte chance de l’emporter encore cette fois ci car il ne me restait que trois CP !

 

Je rentrais dans le désert blanc, qui est très touristique. C'est-à-dire que ce n’était pas rare de voir quelques lampes éclairer par ci et par là.

 

 

J’ai fait toute la distance en courant sans quasiment m’arrêter.

Je suis arrivé rapidement au CP13 où je ne suis pas resté longtemps avant de repartir vers le 14.

Le terrain était très roulant, et je pouvais ainsi bien courir. Il y avait de nombreuses plaques rocheuses à éviter. C’était de la plaque blanche, et avec la lampe frontale, la réverbération fait mal aux yeux.

A deux kilomètres du CP 14, la roche se faisait de plus en plus importante, et avec la fatigue, c’était de plus en plus difficile.

J’ai alors décidé de poser mon sac malgré le froid intense, et je me suis endormi. A mon réveil, le jour apparaissait.

J’avais dormis environ 1h30……… à seulement deux km d’un CP douillet.

J’y suis arrivé en quelques foulées.

Là quelques coureurs ayant abandonnés dormaient ainsi que Claire une coureuse et Martine une fille du Staff.

Ils étaient tous surpris de me voir arriver.

Claire m’a laissé son duvet afin que je me mette au chaud. Mais j’ai refusé : trop risqué. Il restait encore un CP à faire.

J’ai tout de même pris le temps de manger un bon potage bien chaud et une barquette. Martine m’a épluché une orange que j’ai bien apprécié. Et je suis reparti sans trop attendre.

Le soleil était déjà haut, mais il faisait encore frais. Les monticules de pierres blanches rendaient le paysage magique. C’est vraiment un endroit impressionnant. Devant ces massifs rocheux, j’ai décidé d’apprécier au mieux en marchant plutôt que courir sans en profiter pleinement. Voici deux ans, j’avais traversé ce secteur de nuit. Je me suis donc mis à marcher tout en regardant mon GPS afin de ne pas dériver. Pas tout a fait du tourisme mais presque….ce faisant, dans ce magnifique paysage je commençais à réaliser que j’allais sans doute gagner cette deuxième édition pour la seconde fois. J’imaginais mon poursuivant à environ deux heures derrière.

J’avoue que cela touche la sensibilité…...

Une fois sorti de ces monticules rocheux, je me suis approché d’une oasis ou des touristes faisaient des photos. Ils ont été très surpris de me voir arriver ainsi. Ils sont remontés dans leur 4x4 tout en échangeant quelques « hello ! ». La place était libre, j’avais cette oasis pour moi seul ainsi qu’une fontaine aménagée. Une fontaine en plein désert ! Je m’y suis arrêté, j’ai posé mon sac et je me suis autorisé un brin de toilette. Alors que le soleil « tapait » maintenant, ce fût un moment très appréciable.

En repartant de ce sympathique endroit, je me suis rendu compte que je ne pouvais plus courir. Ayant pris la décision de marcher afin de profiter du paysage, mon corps s’était déprogrammé de la course et en conséquence les petites douleurs d’après course commencèrent à se faire ressentir.

Qu’importe, finir en marchant me convenait. Mais je me méfiais et de temps en temps, je me retournais pour vérifier si je voyais un concurrent au loin.

 

 

 

 

Cependant il était tellement agréable de voir l’arrivée, là bas, au loin, que je pensais  pouvoir me permettre de finir en marchant.

L’arrivée se trouve sur un plateau en hauteur. Pour y accéder, il faut gravir une dune qui monte durant 3 kms.

Le GPS ne se trompe pas, j’y serai bientôt.

Les douleurs telles que ma tendinite se font sentir. C’est terrible d’avoir du mal à avancer si près du but. J’ai pas mal piétiné dans cette montée. Je me suis même arrêté au milieu.

On y voit très loin, c’est impressionnant.

Enfin apparaît le doigt de Dieu. Cette pierre qui à la forme d’un doigt tendu vers le ciel, c’est l’arrivée.

 

 

 

Un comité d’accueil m’attend !

Même si c’est ma deuxième victoire, c’est émouvant.

 

Après l’accueil d’Alain Gestin et de son comité, je me suis fait offrir  un bon repas.

 

Étant seul, le staff tout entier m’est dévoué et est à mes petits soins.

J’ai répondu à des centaines de questions. Chacun souhaitant savoir tout de ma course.

Les Bédouins avaient installé un peu plus loin une grande tente traditionnelle dans lequel je me suis installé. Nous avons même eu droit à une douche « chaude ! » grâce à une installation bricolée. C’est très agréable !

 

A la surprise de tous, je marchais normalement sans difficulté. Mais je marchais doucement tout de même … ici le sable était très fin, et il était difficile d’y marcher. Ma tendinite me faisait  mal tout de même, alors il vaut mieux marcher lentement et correctement plutôt que de boitiller, la guérison sera d’autant plus rapide.

 

Ce n’est pas tout de suite que je réalise ce que je viens de faire. Cela se fera plus tard lorsque les autres concurrents arrivant, racontent ce qu’ils ont vécu.

 

 

J’ai passé l’après midi à attendre le deuxième. J’étais persuadé qu’il ne devait pas être bien loin car j’avais mis quand même 5h00 à faire le dernier CP, de plus je m’étais aussi arrêté dormir.

Cependant, le soir, je me suis enfoncé dans mon duvet et le second n’était pas arrivé. J’ai commencé alors à réaliser que cette victoire prenait de l’ampleur.

Ils sont arrivés à trois vers minuit.

J’avoue avoir passé une bonne nuit !

Les jours suivants, la vie du camp a été régulée  par les arrivées successives.

Les finisseurs ont leur histoire à raconter, et c’est un plaisir de connaître leurs propres aventures : leurs hallucinations, leurs difficultés, et les nombreux détails qui leur sont propres.

Les derniers vivent une course totalement différente de la mienne. Eux cherchent souvent à terminer seulement en gérant le temps imparti. Les difficultés qu’ils surmontent sont différentes de celles des coureurs qui se trouvent sur le devant de la course.

 

 

 

 

Le dernier soir, les Bédouins nous ont fait un super méchoui sous la tente. C’est la fête, tous les participants sont là ! Et chose surprenante, les douleurs sont oubliées, seul la fatigue reste présente.

 

Le lendemain matin, le bivouac est démonté et c’est le retour vers la civilisation. Direction le Caire, ou l’on retrouve le confort.

 

Le samedi soir, après une journée de visite (Pyramide, Souk….) Alain Gestin fera sa remise de prix. C’est une soirée qui fait partie intégrale de la course. Alain sait trouver quelques mots agréables pour chacun des coureurs.

 

 

Pour ma part, j’ai reçu un magnifique trophée Égyptien. Mais le meilleur souvenir, sera une fois de plus cette traversée en solitaire dans un magnifique désert. Un défi relevé que j’ai maintenant plaisir à partager.

 

Pour 2008, Alain Gestin prévoie de faire sa 555 sur la route des esclaves, entre le Soudan et l’Égypte (Luxor). Une partie du désert au sud de l’Égypte magnifique parait il !  (à suivre !)

 

 

Là ! humilité et un profond respect face à cet homme venu m'apporter dans mon atelier ces cinq nouveaux sables collectés dans de telles conditions à travers ces trois déserts. Il y a quelques semaines, je m'effondrais en larmes lorsque j'apprenais le décès accidentel de mon ami sportif de haut niveau Claude Castelain qui m'avait fait sa collecte en situation extrême sur le Rieutort, la N°0081. Aujourd'hui, voir ce sportif de haut niveau Patrice Fayol m'apporter ses sables et me raconter ces collectes m'a profondément ému juste avant que je n'aille faire une marche maritime de 2000 km.

The goal
To collect 7,000 sands in order to :

Objectif
Collecter 7000 sables pour :

1 - Create a place of sands from all the seas of the world around the square of the project called «Le Solitaire... des marées».

2 - Collect enough silica to make the glass that will be used to realize the diamond wich will be placed at the top of the architecture.

To be part of it :

1 - Select a beach. Then, collect 1/2 a liter
of sand. Have a picture of yourself made while the collecting. Indicate where you are from and the place where you collected the sand.

2 - Send your sand and the pictures of
your collect to :

 

1 - Constituer une place des sables de toutes les mers du monde autour du parvis du projet
«Le Solitaire... des marées».

2 - Rassembler la silice nécessaire pour fabriquer la pâte de verre qui servira à tailler le diamant qui coiffera le projet.

Pour participer à ce projet :

1 - Choisissez une plage. Collectez 1/2 litre
de sable. Faites-vous photographier en train
de collecter votre sable. Indiquez vos coordonnées et celles du lieu de votre collecte.

2 - Envoyez votre sable et les photos de
votre collecte à :

Contact :

Pour rechercher une collecte, entrez au choix :

Un océan ou une mer ou un lieu ou une personne ou une année ou un numéro (Exemple : 27)

 

Rechercher un sable - Autre exemple (MDRS) :

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