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181ème sable collecté
sur 7000.
Sable collecté aux alentours de la dalle
à palabres de la commune d'Abobo,
Abidjan, Côte d'Ivoire, Afrique,
par Pierre Guenneguez,
pour le projet
« Le Solitaire... des marées ».
Le sable de la dalle à
palabres d'Abobo collecté autour du cercle des assises des anciens
du village. Les chaises sont vides mais si ce sable du village d'Abobo
pouvait parler que nous raconterait-il ? Quelles histoires, quels
faits divers, quels dénouements, quelles aventures heureuses et ou
malheureuses, quelles rêves, quelles tragédies, quelles mémoires
orales venues caresser, au gré du souffle de la parole, toutes les
facettes de tous ces grains ?
Que nous raconte-t-il
vraiment ce sable ?
S'il est une vraie
histoire que ce sable ici collecté raconte, que les anciens de ce
village ne savent pas, ce sont en fait les circonstances par
lesquelles j'ai été amené à croiser la route de cet homme et comment
j'ai rencontré Pierre Guenneguez et ce que nous avons fait ensemble.
Ces circonstances sont
hors du commun. Elles racontent et
rencontrent à elles seules toutes les mémoires, tous les souvenirs,
toutes les larmes, toutes les tragédies qui ont pu se raconter et se
discuter autour de cet arbre à palabres.
C'est cette histoire que
je m'en vais vous raconter :
J'ai rencontré Pierre
Guenneguez pour la première fois en avril 2006. Ce n'est pas moi qui
ai trouvé Pierre et ce n'est pas Pierre non plus qui m'a trouvé.
C'est la vie et sa grande Histoire, avec un grand "H", qui nous a
fait nous rencontrer et qui nous a mis en relation.
En fait, c'est le
l'Institut Supérieur de Plasturgie d'Alençon, l'une des deux plus
grandes écoles de plasturgie en France qui forme des ingénieurs en
plasturgie et le Réseau de Développement Technologique de
Basse-Normandie qui nous ont mis en relation et qui nous ont permis
de nous rencontrer.
Détail particulier : Il
aura fallu un long mois à ces deux organismes de haut niveau pour
qu'ils puissent identifier et trouver cet homme pour et grâce à ses
compétences très spécifiques, très pointues et très particulières.
C'est
Julien Lardant,
ingénieur de Recherche et Développement, qui travaillait à l'époque
à l'ISPA, et Jean-Pierre Larcher, animateur du RDT de
Basse-Normandie, qui me l'ont trouvé. C'est
dire à quel point il
était improbable que nous nous rencontrions, sauf par hasard.
Les circonstances qui
nous ont amené à nous rencontrer étaient hors cadre, hors champ,
hors de tout, uniques et singulières.
Je recherchais à
l'époque une personne capable de mettre sous résine et de noyer dans
un bloc de résine d'un seul tenant, sans aucune bulle, un morceau de
bois et un morceau de métal creux d'une longueur de 110 cm. C'est
comme cela que j'ai présenté la chose à l'ISPA et au RDT. Seul, je
n'arrivais pas à identifier la personne qui, en France, possédait ce
savoir-faire. J'avais des exigences techniques très spécifiques et
un cahier des charges très particulier face à quoi je n'arrivais pas
à trouver cette personne.
L'ingénieur de l'ISPA,
Julien Lardant, très intrigué par ma demande, m'a alors fixé un
premier rendez-vous au RDT de Basse Normandie avec l'animateur du RDT, Jean-Pierre
Larcher, et, d'entrée de jeu, au cours de ce premier rendez-vous,
j'ai sorti de mon sac un morceau de bois et un morceau de métal
creux. J'ai sorti de mon sac un flingue que j'ai déposé sur la
table au milieu de la grande salle de réunion du RDT, en disant :
"Voilà ! Je veux mettre ce flingue sous résine pour le faire
découper en 220 tranches, sous un jet d'eau poussé à très haute
pression, 3500 kbar, avec du sable propulsé à 2500 km/h. Pouvez-vous
m'aider à trouver la personne capable de faire cela ?".
Un mois plus tard,
Julien Lardant me présentait à Pierre Guenneguez. Je me souviendrai
toute ma vie de l'expression de Pierre lorsqu'il m'a vu entrer dans
son entreprise avec un flingue pour lui demander s'il pouvait me le
mettre sous résine et lorsqu'il m'a dit : "Mais vous êtes
complètement fous les mecs de vous trimbaler comme cela avec un
flingue !". Nos regards se sont croisés. Je venais de trouver mon
bonhomme.
La suite contée
ici en images :
Voir
►
Peace-Action=Gun-Cut-Up
Voir
►
Mise sous résine

Gun-Cut-Up=Peace-Action
►
Phase 2 :
Été 2006 ( Durée : 14 mn )
Article
publié dans Ouest-France :
Voir
►
Ouest-France
Article
publié dans ScienceTec :
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ScienceTec Français
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►
ScienceTec
Anglais
Sans même le savoir, sur qui
je venais de tomber, en fait ? Qui pouvait bien être cet homme qui
avait été si difficile à trouver
et à identifier par l'ISPA et par le RDT ?
C'est très étrange la
vie. J'aurais très bien pu tomber sur n'importe qui. J'aurais pu
tomber sur un homme qui maîtrise des techniques particulières et
possède un savoir-faire spécifique. Cet homme maîtrise cela et
possède cette spécificité, c'est en cela et pour cela qu'il m'a été
identifié par l'ISPA et le RDT.
Mais ce que ni l'ISPA ni
le RDT ni moi-même ne pouvions savoir, c'est ce que nous allions
découvrir ensuite lorsque nous sommes entrés dans son entreprise :
L'homme qui répondait à ces critères n'était autre, en fait, que
celui qui a mis sous résine les violons calcinés du sculpteur Arman.
Rien que cela !
Et ce que cet homme ne
pouvait absolument pas savoir ni l'ISPA ni le RDT, de façon très
étrange, c'est que la maman de la femme violoncelliste qui a composé
avec un saxophoniste le Requiem de 110 minutes pour les 110 cm de ce
fusil habitait en fait le village qui jouxte le village d'Ouradour-sur-Glane
et que, ce jour-là, alors qu'elle était petite fille, elle a vu le
village brûler...
Je suis resté bouche
bée, quand je suis retourné voir Pierre Guenneguez dans son
entreprise, trois semaines plus tard après lui avoir apporté ce
fusil, lorsque je l'ai trouvé affairé devant cette table à mettre
sous résine ce fusil des nazis devant ce violon calciné.
Qu'avons-nous là, en
lecture, sur cette photo ? Un homme, un violon et un flingue, le
tout posé sur une table. L'un est un grand sculpteur qui a fait
calciner les violons, l'autre est un jeune sculpteur totalement
inconnu qui apporte le fusil de nazis pour le faire découper et au
milieux de tout cela, Pierre Guenneguez.
Si le sable de la dalle
à palabres du village d'Abodo pouvait parler, quelle histoire nous
raconterait-il ?
Est-ce cela que tu me
racontes, Pierre, depuis cette place des anciens du village d'Abodo,
lorsque je regarde tes yeux sur cette photo que tu viens de
m'envoyer par Internet depuis la Côte d'Ivoire ?
Sont-ce de tous ces
tenants et aboutissants, sans cesse renouvelés de cette grande
histoire, que ces chaises vides témoignent et nous racontent au pied
de cet arbre, devant ce témoin collecté qu'est ce sable ?
Est-ce de tout cela que
la sagesse des anciens du village d'Abobo s'entretenait devant cet
arbre au pied de ce sable ? Nous aurions beaux dos de nous en
détourner pour nous soigner de tous ces maux de l'histoire que nous
n'en aurions jamais le dernier mot.
Aussi, c'est avec une
grande fierté et c'est pour moi un immense honneur, Pierre, de
recevoir là ton sable de cette façon pour ce projet. Merci.
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